L’histoire d’une photo de A à Z

Aujourd’hui, j’aimerais vous expliquer comment j’ai réalisé une photo du début à la fin. Cette photo des chutes de Skogafoss est une photo de paysage classique. À cause du fait qu’il y a un sujet en mouvement (la chute d’eau), je pense que c’est un bon exemple pour résumer comment prendre des photos de paysages.

Nous sommes donc en Islande au mois d’octobre vers la fin de mon voyage. Je voulais vraiment prendre cette chute d’eau sans personne devant. Je me lève donc à 6 h du matin et arrive sur les lieux vers 7 h du matin. Au vu de la météo de la semaine d’avant, je savais qu’il allait faire grisâtre, mais c’est pas dérangeant je ne pense pas que j’aurais préféré avoir un lever de soleil. J’aime l’ambiance brumeuse, un peu mystérieuse que la cascade dégage.

 

Le matériel utilisé

Pour le matos, c’est assez simple. J’ai utilisé un Fujifilm XT-1 avec le Fujinon 23mm f/1.4 ainsi qu’un trépied. Vous n’avez pas vraiment besoin de plus. Un trépied, un appareil et c’est bon. Au besoin, vous pouvez toujours mettre un filtre ND, mais la scène n’étant pas trop contrastée, c’est faisable avec le strict minimum.

Le trépied est important pour l’effet filé que je voulais créer sur la cascade.

 

On prend la photo

J’arrive donc sur les lieux, il n’y a qu’une seule personne sur place. C’est évidemment un photographe. Le truc cool est que l’on se ne dérange ni l’un, ni l’autre.

J’installe donc mon trépied et commence à mettre mes settings. Je commence par mettre mes ISO à 200 (la valeur native du XT-1) et ouvre mon objectif à f/8. Cela me permet d’exposer pendant 5 secondes et me donne cette photo.

À partir de là, j’essaye deux choses :

1) me rapprocher, car la photo manque clairement de punch. Je décide donc de me placer presque au pied de la cascade et mettre mon trépied dans l’eau.

2) Je joue aussi avec mes paramètres ; je ferme mon objectif au max soit f/16 et monte ma vitesse à 25 s d’exposition. Cela dit, monter autant ma vitesse n’apporte pas vraiment grand-chose. L’eau coule tellement fort que l’on obtient le même effet à 5 s d’exposition qu’à 25 s.

Veuillez noter que certaines personnes exposent des fois à plusieurs minutes. Sincèrement, je pense qu’ils ne savent pas ce qu’ils font. Ça ne sert à rien d’exposer longtemps pour exposer longtemps … 

Cela me donne donc la photo que vous voyez en une du texte avec les paramètres suivants : 5 s — f/11 — 200 ISO — WB auto.

 

On rentre à la maison et on travaille la photo

Je pense que j’ai attendu 2-3 semaines pour travailler cette photo. Quand vous avez le temps, je pense qu’il est toujours cool d’attendre un peu pour avoir un œil nouveau.

Sans surprise, ma dernière photo de la cascade est la meilleure. Mon fichier est un peu fade, mais c’est normal. C’est le moment de travailler la photo.

J’utilise Lightroom pour développer la photo. Vous allez voir, ça va être très minimal.

Voici les étapes que j’utilise pour la post-prod de la photo :

1) Je la redresse en utilisant l’outil de mise à niveau situé dans la section pour croper (en appuyant sur R).

2) J’ai exposé la photo parfaitement (grâce à l’écran du XT-1 qui me montrait l’histogramme dès la prise de vue) et vu que le ciel était totalement blanc, je n’ai pas pas à toucher l’expo du coup.

3) À partir de là je monte ma clarté à 45. Aussi, j’augmente la vibrance des couleurs de 30 et désature de -10. Veuillez noter que la clarté est super pour les photos de paysages et d’architectures, mais dégueulasse pour les portraits. Ce que ça fait, ça augmente le micro contraste ce qui donne plus de texture et de punch à la photo.

4) Je descends ensuite pour augmenter là netteté et monte à 75. La photo a déjà plus de punch comme vous pouvez le voir.

5) Maintenant, je remonte sur les outils de base. Je baisse d’abord les highlights de 25 pour amener plus de texture dans la cascade. J’augmente un poil mes ombres et baisse mes blancs ainsi que mes noirs.

6) À partir de là, la seule chose qu’il reste à faire c’est du Color grading. En gros pour pour cette photo, j’ai réduit la luminosité et la saturation de mes verts et bleus par ce que ces couleurs enlevaient un peu l’attention de la cascade qui est blanche.

Et voilà !

 

 

Comme vous pouvez le voir, 95 % du travail se fait à la prise de la photo. Il n’y a pas de secrets, en assurant à la prise de vue vous garantissez la qualité de votre image. Ne voyez jamais le post-traitement comme une excuse pour ne pas être assidu quand vous prenez la photo. Considérez le post traitement comme le glaçage sur votre gâteau.

Si vous aimez ce type de texte, n’hésitez pas à me dire quelle photo vous aimeriez que je vous explique.