Photographier l’itinérance autchotone

Remontons un peu dans le temps, il y a deux ans. Après quatre mois passés à écrire pour le journal étudiant de l’Université de Montréal, Quartier Libre, je devenais leur photographe. Bien que l’expérience était sympa, je déplorais devoir produire des photos illustratives pour des articles plutôt que de faire uniquement des photoreportages. C’est alors que j’ai reçu un email de la part de mon amie et ancienne collègue Anne-Marie (qui travaille aujourd’hui pour le 24 h)…

La décision a été rapide à prendre : moins de 5 secondes. On peut dire que je suis vif d’esprit. Anne-Marie me proposait de l’accompagner documenter un projet d’éducation citoyenne du nom d’« IdAction Mobile » mis en place par l’organisation de bienfaisance Exeko. IdAction propose de prêter des livres à des personnes en situation d’itinérance, généralement d’origine autochtone. Bien évidemment, l’organisation ne discrimine personne et partage avec toutes les personnes intéressées.

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L’idée de prêter des livres est plus un prétexte pour ouvrir un dialogue. Un petit café est aussi offert pour les réchauffer.

Le reportage a eu lieu au début du mois de février, du coup on se les givrait. De là, les bénévoles tentent de mettre en place des thématiques liées à l’expérience de vie de ces personnes afin de créer une réflexion et un échange.

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« Itinérance autochtone », quésaco ?

Ces termes québécois peuvent paraitre étranges pour certains d’entre vous. En fait, l’itinérance est tout simplement le fait d’être un sans abris. Je préfère largement appeler une personne un itinérant ou une personne en situation d’itinérance qu’utiliser les termes péjoratifs français de « clochard » ou « SDF ».

Pour ce qui est des autochtones, ce sont en fait les peuples des premières nations. Maintenant quand je vous dis indiens, vous avez probablement deux images qui vous viennent à l’esprit : ceux des westerns ou ceux qui possèdent des casinos/Hard Rock Cafés.

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C’est triste d’arriver au Canada de voir à quel point de voir ces personnes sont autant marginalisées encore aujourd’hui pour un peuple ayant subit la colonisation. Beaucoup d’entre eux souffrent de problèmes, comme l’alcoolisme entre autres. Je ne vais pas rentrer dans les détails, mais ce que ce peuple a subi par les gouvernements canadiens/britanniques, il n’y a pas si longtemps que cela, rentre clairement dans la catégorie de crime contre l’humanité…

Heureusement plusieurs organismes tentent aujourd’hui d’aider ces personnes dont la cause a été un peu oubliée.

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Photographiquement parlant

Photographier dans ces conditions a été très enrichissant en tant que photographe oui, mais surtout en tant qu’être humain. On ne m’a menacé qu’une seule fois de casser mon appareil (une petite dame d’un 1 mètre 40), mais je ne me suis jamais senti en danger. J’ai simplement eu à ranger l’appareil pendant 10 minutes et la petite tension a été apaisée.

Mis à part cela, tout le monde a été très agréable et était souvent heureux de nous parler et de partager leur histoire. On se rend rapidement compte que la situation de ces personnes n’a été pas choisie, mais subit. Ce qui fait mal au cœur, c’est de voir à quel point elles peuvent être ignorées par les passants et on ne peut s’empêcher de penser que nous-mêmes, des fois, nous les ignorons.

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En ce qui a trait à la photographie, j’y suis allé avec le plus simple des matériels : un 5d Mark II et un 16-35mm ainsi que mon éternel 50mm. Le but était d’être présent, mais rester discret. On devait savoir qu’un photographe était là, mais on devait aussi oublier qu’il était là.

Pour en savoir plus, je vous invite à lire l’article sur le site du Quartier Libre et à aller jeter un œil au site d’Exeko pour voir ce qu’ils font.

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