Retour sur les lieux de l’épicentre népalais

Je devais être au Népal lors de l’épicentre. J’avoue m’être mordu les doigts de ne pas avoir été présent à ce moment. Cet évènement était une occasion en or pour le jeune photojournaliste que je suis. Bien évidemment, je ne souhaite à personne de vivre une telle tragédie et surtout pas aux Népalais. Quoi qu’il en soit, je ne me voyais pas quitter le pays sans passer par les lieux de l’épicentre…

Ce qui m’intéressait était de faire état de la situation environ 6 mois plus tard. Souvent ce que je reproche aux médias, c’est leur absence de couverture une fois que l’évènement n’est plus à la mode. On revient peut-être une fois à l’anniversaire du drame, mais c’est tout. Malheureusement, je n’avais pas le luxe de rester trop longtemps, mais à mon sens, ça valait mieux que rien. Il est possible de se rendre à environ 15 km des lieux de l’épicentre grâce aux bus locaux. On parle ici de deux bus de 6 h 30 de trajet chacun en partant de Katmandou. Le problème est qu’il est impossible de s’y rendre en une seule journée.

La première étape est la ville de Gorkha, qui porte le même nom que le district. Il n’y a rien de spécial là-bas. En revanche, contrairement à la frontière indienne, les hôtels ont des prix décents et la nourriture n’était pas trop mauvaise bien que l’on ne servait que des Dal Baths. Le deuxième jour était bien plus fatigant puisque j’ai raté l’un des deux bus de la journée (le premier est à 7 h du matin et je suis arrivé à 7 h 30), j’ai passé la matinée à attendre pour le bus de 12 h 30. Ce bus, étant un bus de courte distance, était rempli à exploser et s’arrêtait très souvent, ce qui explique pourquoi les 30 kms ont pris autant de temps que les 80 de la veille.

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Dans le bus, je rencontre un Népalais, qui comme moi, se rendait à Barpak et qui parle anglais. Il a été vraiment utile dans la mesure où je n’avais pas d’endroits où dormir et surtout que peu de personnes parlaient anglais puisque la zone n’était pas touristique. Une fois dans le lodge, j’apprends que le 1er ministre népalais sera en visite à Barpak ! Encore une fois, on peut dire que je suis chanceux. Ou du moins, si c’est sans compter mon Dal bath du soir qui va me rendre malade pendant les trois prochains jours et m’affaiblir assez pour le reste de mon séjour au Népal.

Le lendemain, nous nous réveillons à 4 h du matin et partons avant le levé du soleil. La marche n’était pas difficile, mais avec mon mal d’estomac ça rajoutait un challenge supplémentaire. Nous rejoignons Barpak pour 9 h 30. Sur le chemin, nous voyons les résultats du séisme avec les nombreux glissements de terrain que cela a engendré.

Une journée à Barpak

Une fois dans le village, il est triste de constater que la majorité des maisons sont faites de tôles. Gardez à l’esprit que nous sommes mi-décembre et que l’hiver commence. Malgré tout, on remarque quelque chose très rapidement : les habitants sont heureux, gentils et très accueillants ! Voilà enfin les Népalais aimables et chaleureux dont tout le monde parle. Je ne dis pas que les Népalais sont mauvais ou quoi que soit, mais j’ai surtout fréquenté des personnes travaillant dans le tourisme et y avait souvent cette petite relation client/vendeur en fond. Leur nature bienveillante ne rend que la situation plus triste.

Et puis vient le moment tant attendu, le Premier ministre népalais arrive en hélicoptère s.v.p. J’arrive à m’approcher super proche de lui en indiquant aux militaires que j’étais journaliste (avoir un gros boitier et objectif a aidé à les convaincre). Je suis surpris par l’accueil qui est réservé au PM parce qu’il ne semble pas que le gouvernement ait fait quoique ça soit à part le strict minimum pour les victimes du tremblement de terre. Par exemple, le village des chasseurs de miel n’a reçu que 1500 $ pour les aider à reconstruire 8 maisons (1500 $ n’aide même pas à reconstruire la moitié d’une seule).

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Après le 15 minutes de présence, 2 minutes de discours et une promesse de 6000 $ par maison détruite, le PM repart de la même façon dont il est arrivé : en hélicoptère. Les Népalais blaguaient même sur le faite l’argent promis était en fait la poussière envoyée par l’hélicoptère. Après avoir parlé avec plusieurs d’entre sur la raison pour laquelle ils n’étaient pas énervés par cette situation, il s’avère en fait qu’ils ne comptent sur l’aide de personne. Beaucoup d’entre eux ont perdu des proches lors du séisme, mais se considéraient heureux de l’esprit d’entre d’aide qui régnaient parmi les villageois.

Il est temps de préparer le retour !

J’aurais pu rester deux semaines sans problème dans le village, mais je quitte le Népal dans trois jours. De plus, mon estomac a décidé de me punir pour avoir mangé ce Dal bath pas frais. J’essaye de rentrer la journée même à Katmandu. Par chance, j’arrive à négocier une place avec des policiers, venus protéger le PM, dans leur Jeep et m’arrange pour rentrer à Katmandu le même soir ! Rien de spécial à raconter pour le trajet, mis à part un combat avec moi même pour ne pas vomir dans la jeep ou le bus sur le chemin de retour.

Les derniers jours à KTM étaient assez relax, le fait de rester dans le quartier de Patan au lieu de Thamel était bien plus agréable. Je quitte le Népal avec la volonté de revenir : je veux continuer mon reportage sur les chasseurs de miels, de plus il y a 2-3 treks que je n’imagine pas passer à côté. Sans compter la terre mythique du Mustang qui me demandera plus de moyens, mais qui se fera probablement lors d’un troisième voyage. Maintenant que j’ai plusieurs amis népalais et expatriés, les prochaines visites se feront sans problèmes. J’espère que ces quelques récits de voyage vous donneront envie de visiter le pays ! En tout cas pour moi, ça a été un coup de foudre total.

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