Un bon 1er jour en Islande (#RipMonFuji)

J’en ai connu des premiers jours difficiles dans des pays dont j’en connaissais encore moins. Mais mon premier jour en Islande risque d’être difficile à battre. Franchement, j’aurais même peur si l’on me dit que je vais en connaître des pires. Voici l’histoire d’une journée à 1600 $.

 

Petite mise en contexte

Avant de vous raconter ce qu’il s’est passé, laissez-moi un peu vous expliquer comment je me sentais cette journée-là. Deux semaines avant mon départ, j’ai commencé à avoir un mauvais pressentiment par rapport à ce voyage. C’était devenu assez intense au point de me stresser et même penser à annuler le voyage pour tout vous dire. Je n’arrivais pas à mettre le doigt dessus, mais je pense que c’était lié à la location de la voiture et aussi par rapport à la qualité des photos que j’allais produire.

Bref, nous sommes le jour du départ. J’en suis au troisième jour d’un gros rhume et j’ai plus besoin de repos que de partir dans un pays au-dessus du cercle arctique. WOW Air me la met bien profond en ajoutant 80 $ à mon billet parce que mon sac ne faisait pas 30 cm de long pour aller en soute avec moi. Dans l’avion, les lumières sont restées allumées et un bébé, assis deux sièges derrière moi, pleure une bonne partie du vol. Je débarque à Reykjavik à 5 h 30 heure locale (soit 1 h 30 pour moi) et je récupère la voiture. La bonne nouvelle est que la voiture est vraiment cool. J’en reparlerais dans un prochain texte. Mais comme vous vous en doutez, j’avais grave la patate.

J’avais vraiment besoin de dormir, mais je voulais dépasser Reykjavik pour ne pas avoir à faire fasse à la circulation. Une fois arrivé dans une petite banlieue je m’effondre pendant 2 heures. On aurait pu casser la vitre de ma voiture et tout me voler, je n’aurais rien entendu. D’ailleurs, je m’étais garé proche d’un chantier.

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Pif, paf, plouf… 

Après ce petit somme, je pars en direction du mont Kirkjufell et de ses chutes (Kirkjufellsfoss) situés dans le parc de Snaefelness. La route est vraiment sublime et je prends pas mal de photos. Pendant que je dormais, il avait plu pendant une heure environ. Maintenant que les nuages ont laissé place au soleil, il y avait des arcs-en-ciel à chaque virage.

Arrivée dans le parc Snaefelness par le sud, c’est une tout autre ambiance. Cette fois-ci, un brouillard épais cache la visibilité, mais donne aussi une atmosphère mystérieuse au parc. Personnellement, j’adore. Et c’est d’ailleurs un point que j’aimerais soulever : si le temps ne vous convient pas en Islande, la plupart du temps vous n’avez pas à attendre plus d’une heure à attendre pour que ça s’améliore.

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Un petit deux heures après l’entrée dans le parc (je me demandais si j’avais raté Kirkjufell), j’arrive enfin. Sur place, pas mal de touristes et je dois dire que le lieu était un poil moins féérique que ce que je m’étais imaginé. J’avoue que c’était probablement la fatigue et le stress qui altéraient mon jugement. Tout commence à aller mieux quand je me mets à prendre des photos. Il y a beaucoup de vent alors je fais attention à mon appareil et l’attachant solidement au trépied. Je ne mets pas de sangle pour diminuer les vibrations du vent. Je prends quelques photos sympas puis décide de me rendre au pied des chutes.

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Et là…

Paf…

Paf…

Paf..

Plouf !

..

Mon XT-1 est à l’eau ! Il s’est tout simplement détaché du trépied. Il n’y a pas eu de choc ni rien, j’ai légèrement penché le trépied vers l’avant et l’appareil a roulé en bas de la pente pour finir dans l’eau. Au début, je crois rêver. S’il n’y avait pas personne sur place, j’aurais probablement crié. 

 

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Ci-gît mon appareil

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À ce moment, là une question existentielle se pose : je fais quoi ? Je reste, je rentre à Montréal ou je vais me noyer avec mon XT-1? Je descends, mais il est impossible de retrouver l’appareil : les roches sont noires et l’appareil et noir. À ce stade, j’essayais uniquement de récupérer la carte mémoire avec les photos du jour que je ne pourrais probablement jamais reprendre. J’essaye de tâter l’eau avec mon trépied, mais c’est trop profond et ne sait même si j’ai touché l’appareil. La perte fait mal : mon Fujfilm X-T1, un Fujinon 14mm f/2.8, un grip vertical Fujfilm, une carte mémoire Sandisk 32gb et deux batteries Fujifilm (soit environ 2000$ /1500 €). Par « chance », mes filtres Lee (pour ceux qui ne savent pas, ils coutent 600$) sont restés dans la pente et n’ont pas subi la moindre égratignure.

Je vous avais dit que ce premier jour en Islande allait être difficile à battre, n’est-ce pas ? 

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On attend les aurores

 

Épilogue 

Après mettre calmé grâce aux encouragements de ma copine et de mes amis et avoir prit une salade à 20 $ (pas mauvaise), je décide de continuer. Je retourne à Kirkjufellfoss dans l’espoir d’y voir des aurores boréales. Il n’y avait vraiment rien que je pouvais faire à part essayer de faire des photos décentes. Le problème est que, comme vous l’avez lu, mon grand-angle était attaché à l’appareil. Par conséquent, je vais devoir passer le restant du voyage à faire des panoramas verticaux puis, une fois rentré à la maison, tout assembler sur Photoshop. Ainsi en perdant près de 2000 $, je perds aussi des dizaines d’heures sur la post production. Trop cool !

Maintenant que je suis rentré, je peux dire que je suis heureux d’avoir continué. Mais perdre le grand-angle a rendu certaines situations un peu plus challenging.

De retour sur les lieux maudits, je reste une heure dehors en attendant les aurores boréales, mais rien. Je décide de dormir dans ma voiture sur place et me réveiller toutes les 30 minutes pour voir si les aurores pointent le bout de leur nez. À peine rentré dans la voiture pour m’endormir, des gens autour ont fait des « Ohhhh ! » Je regarde à droite et je les vois.

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J’ai d’ailleurs croisé un Australien qui n’arrivait pas à prendre de photos et qui avait abandonné l’idée ce qui m’a étonné, car son appareil semblait avoir un mode manuel et il avait un Gorilla pod (les deux seules choses obligatoires pour ce genre de photos). En bon mate, je l’ai aidé et il était tellement content qu’il m’a fait un câlin.  J’avoue ça a beaucoup aidé à me remonter le moral. On va essayer de transformer ce voyage en bonne expérience.

Petit bonus : l’histoire que je n’ai racontée à personne

Le 2ème jour en Islande a failli être du même niveau que le premier. En fait, j’ai failli casser mon deuxième XT-1 (le graphite) avec une autre lentille ! Après avoir pris quelques photos de Kirkjufell et des chutes au petit matin, je me dirige vers ma voiture. En descendant, j’étais perdu dans mes pensées et je glisse sur de la terre mouillée : l’appareil va dans la terre la lentille la première. Les dieux islandais ont du se dire « Bon les gars, il faut arrêter de déconner, car il a déjà assez morflé moins de 24 heures », puisqu’il y a juste le pare-soleil qui a touché le sol et très doucement. Je pense que je serais rentré si j’avais détruit une autre partie de mon matériel photo.

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J’ai dû combiner 5 photos verticales prises au Fujinon 23mm f/1.4 pour obtenir ce résultat.

Voilà l’histoire de ma première journée qui a été émotionnellement épuisante. Heureusement, je peux maintenant dire que le reste du voyage s’est très bien déroulé. Il va falloir en revanche faire des heures supplémentaires et chercher des contrats photo pour essuyer les pertes ! Quoi qu’il en soit, je compte respecter mes engagements à publier plus de textes sur ce blog, comptez sur moi !

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