Tensions à la frontière indienne

À mon retour à Katmandou, il y avait quelque chose que je voulais documenter. Ce quelque chose est visuellement difficile à représenter en tant que tel. Mais vu que ce voyage était la raison d’expérimenter, essayons de voir ce que je peux faire.

Je l’ai brièvement mentionné lors de mon arrivée à Katmandou, mais le Népal est victime d’un blocus au niveau du pétrole et du gaz. Le pays est complètement dépendant de ces deux ressources, ce qui handicape la vie des Népalais. Cette pénurie engendre une montée des prix d’à peu près tout. Il est toujours possible d’acheter du pétrole dans les stations-service, mais il y en a tellement peu que ça peut prendre deux jours pour en avoir. Du coup, un marché noir s’est développé et au lieu de pouvoir en acheter au prix régulier à 140 roupies/litre avec deux jours d’attentes, il est possible d’en obtenir pour un prix allant de 340 à 600 roupies pour un litre. Le problème est que le pétrole est coupé avec du liquide pour nettoyer les vitres, ce qui engendre des problèmes mécaniques. On paye donc plus cher pour de l’essence de très mauvaise qualité qui engendre des coûts supplémentaires.

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Un garde surveille une station-service lors d’une distribution d’essence

Allons voir ce qu’il se passe à la frontière 

Pour essayer d’avoir une idée plus précise de la situation, je sentais qu’il était nécessaire de que je me rende à la frontière Indienne dans la ville de Birgunj : la source de tous les malheurs. Pendant que j’étais dans les montagnes, plusieurs incidents se sont déroulés et avant même que j’arrive au Népal, il y a eu des morts. Étant proche la fin de mon séjour, je n’avais pas beaucoup de temps à passer là-bas.

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Pour s’y rendre, il faut prendre une jeep pleine à craquer pendant environ 7 heures. La partie difficile est la sortie de Katmandou qui n’a presque pas de route. Une fois arrivé au terminus, il faut encore un bon 2 heures de marches pour arriver à Birgunj. Une fois arrivé, on voit des enfants vendre du pétrole sur le bord de la rue. Cette scène me rappelait beaucoup le Maroc où les enfants vendent des fruits.

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Il y avait plusieurs dizaine de personnes dont beaucoup d’enfants

Trouver un hôtel n’était pas très difficile, mais qu’est-ce que ça coûte cher par rapport à Katmandou : 600 roupies alors ! Pour ce prix-là, on commence à avoir quelque chose de très bien dans la capitale.  Et je peux vous dire que la chambre a été la pire dans laquelle j’ai dormi. Je n’aurais même pas été surpris de voir un rat durant mon séjour. Étant arrivé, je décide d’aller voir ce qu’il y a en ville et peut-être même essayer de me rendre à la frontière. À peine sorti, je me rends compte d’une chose : j’attire l’attention. Et encore, l’appareil n’est pas sorti. À Katmandou ou à Pokhara, je passais très facilement pour un népalais. D’ailleurs plusieurs Népalais m’adressaient la parole dans leur langue. Mais bref, je me retrouve donc dans cette ville sont physiquement indien, ce qui n’est pas un problème en soit. C’est vraiment la façon dont ils me regardent qui me met un peu de pression.

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La tour principale de Birgunj

Cela dit, pendant que je marche en ville, je parle à quelques personnes et elles ont une sincère curiosité à mon égard. Je n’ose pas vraiment amener le sujet du blocus cela dit. Le lendemain, je constate qu’en plus de la présence policière renforcée de la veille, beaucoup de militaires. Je me suis quand même rendu à la frontière et l’on sentait que les personnes étaient sur les dents, mais aucun incident. Sur le retour, je rencontre un groupe militant contre le gouvernement népalais et m’explique les raisons pour lesquelles ils bloquent l’arrivée de pétrole. À partir de là je rentre pour Katmandou et le soir même et me dirige vers ma dernière destination : les lieux de l’épicentre…

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