Un an en indépendant

Il y a un an, je quittais mon emploi à temps plein pour devenir indépendant. Je voulais faire un petit résumé de cette année haute en couleur et partager mon expérience pour ceux ou celles qui pensaient à faire le saut.

Malgré que je sois photojournaliste, ma situation peut ressembler beaucoup à un designer graphique, un écrivain, un peintre, etc. Bref, tous les métiers un tant soit peu créatifs.

Un job alimentaire malgré tout

J’ai malgré tout dû garder un job alimentaire pendant environ 4 mois. Le truc sympa est que, étant donné que j’avais 4 ans d’expérience en restauration et en gestion, il m’a été assez facile de trouver un nouvel emploi. 1 semaine pour être exact. Le fait d’être à Montréal a beaucoup aidé, grâce au faible taux de chômage qu’il y a ici, puisque j’ai même eu le luxe de choisir quel emploi prendre.

La différence est que j’ai décidé de redescendre dans l’échelle pour devenir un simple serveur et n’avoir aucune obligation quand je passais la porte de mon restaurant. Réduire mes heures de moitié a beaucoup aidé aussi.

Par rapport à l’argent, j’ai appris une leçon extrêmement importante : l’argent ne fait pas le bonheur. Je sais que c’est la phrase la plus clichée au monde, surtout que généralement c’est des personnes qui gagnent beaucoup d’argent qui la sortent. Franchement, il y a clairement un salaire minimum nécessaire, mais le fait de gagner beaucoup moins d’argent m’a aidé à me recentrer.

En travaillant 3 jours par semaine, je me trouvais plus riche qu’avec mon emploi de 6 jours par semaines. La raison ; je dépensais beaucoup moins et me concentrait sur ce qui était plus important. Je ne vais pas aller plus loin sur le sujet vu que ce texte est assez long, mais n’hésitez pas à me dire si vous voulez que j’en parle un peu plus.

Être le meilleur ne suffit pas

Non pas que je me considère comme étant le meilleur, au contraire. Je suis plus victime du syndrome de l’imposteur qu’autre chose. D’ailleurs tous mes collègues sont plus loin dans leur carrière que moi.

Cela étant dit, je constate malgré tout, via les réseaux sociaux rencontres, etc., que ce ne sont pas les meilleurs qui réussissent le plus. Je pense que la meilleure recette pour le succès est un mélange de travail, marketing, rencontres et surtout de constance. Bien que ça vienne du gars qui a pas trop uploadé sur son blog les derniers mois, j’ai essayé d’être constant sur ma vie professionnelle.

On devient relanceur professionnel

Je trouve que le photographe Chase Jarvis a bien résumé à quoi ressemble la vie d’un photographe. En devenant indépendant, il faut avoir une double démarche : celle d’artiste dans la façon de promouvoir son travailler, et celle d’un entrepreneur dans la façon de gérer sa carrière. Et spoiler alert : la photo/l’art que vous pratiquez n’est pas l’activité que vous allez pratiquer le plus.

On est des fois un peu seul

Le fait d’être indépendant, c’est de nombreuses heures de travail seul dans des cafés, à la maison, à la bibliothèque, etc. À moins d’avoir un partenaire, il faut garder à l’esprit cet aspect.

Je pense qu’il est important d’essayer de s’attacher le plus rapidement possible à des associations et aller au plus d’évènements possible. Pour ma part, je suis membre de l’association des journalistes indépendants du Québec qui organise au moins une rencontre une fois par mois.

Grâce à mon mentor et ami Valerian Mazataud, l’AJIQ organise plusieurs évènements pour les photojournalistes qui sont des fois complètement oubliés de certaines organisations.

De plus, je me rends chaque année au Festival Zoom Saguenay qui est toujours une énorme source d’inspiration et de motivation. D’ailleurs en 2017, j’ai eu la chance me rendre au Visa pour L’Image à Perpignan. Une incroyable semaine où j’ai eu la chance de rencontrer plusieurs collègues.

Bref, je pense qu’il est important de se forcer à sortir aux plus d’évènements possibles : festivals, lancements de livres, vernissages, apéros/4@7, ateliers de formation, ou aller boire des cafés avec des confrères.

Ma productivité a explosé

J’ai pu travailler sur des projets personnels, poster quelques textes sur ce blog ou sur Phototrend (avec la section DLSP), entretenir ma page Instagram et faire du sport !

Ce point est vraiment important pour la santé mentale de se dire que l’on a du temps à consacrer à nos passions et faire ce que l’on aime ou que l’on pense être important.

J’ai beaucoup d’énergie et me lève plus tôt tous les matins. Idéalement, j’aimerais arriver à me lever constamment à 5 h du mat. Je peux rester chez moi ou décider d’aller dehors ou où je souhaite voyager. Cette liberté vaut largement le petit salaire. Pour moi, je préfère voyager où je veux et avoir de nouvelles expériences, plutôt que posséder beaucoup d’objets.

Si vous hésitez à faire le choix, faites comme moi. Trouvez-vous un emploi avec moins d’heures, mais qui permet d’assurer vos frais de base (loyer, nourriture, transport en communs, une ou deux sorties par mois) et produisez le plus possible.

Les outils

J’aimerais partager quelques outils utiles, que je considère comme des must have, pour ceux d’entre vous qui veulent se lancer.

Les livres :

Être photojournaliste aujourd’hui
Le superbe livre de Fabiène Gay Jacob Vial qui est une bible pour les photojournalistes.

Le guide du travailleur indépendant
Un autre incontournable pour les travailleurs autonomes. Jean-Benoit Nadeau est un journaliste-businessman québécois qui arrive à bien vivre grâce à son approche de la profession.

Bien sauvegarder ses photos, le guide pratique pour protéger vos images de Damien Roué
Le premier livre de Damien est une petite petite à seulement 12 € qui va vous apprendre à bien sauvegarder vos images et les sécuriser.

Les sites internet

BLINK : un service de géotagging gratuit qui vous permet d’obtenir des contrats par rapport à votre localisation. J’ai d’ailleurs été publié en Allemagne grâce à ça !

Creative Live /Lynda.com : deux sites pour se former en ligne. Je dirais que Lynda est un peu moins cher, mais Creative Live s’adresse plus aux métiers créatifs. Veuillez aussi noter que les conférences de creative live sont gratuites à la diffusion live, mais sont payantes en rediffusion.

Voilà, j’espère que ces petits conseils vous seront utiles, j’espère que 2018 sera positif pour vous.
Bonne année !